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Australie · Mars 2003

Tasmanie

Quinze jours sur une île « à taille humaine » qui ressemble étrangement à la Suisse, entre forêts pluviales, serpents tigres, diables de Tasmanie… et un Grindelwald australien.

17 étapes au carnet30 photos

Carnet de route

5 mars

Nous voilà donc sur le bateau qui nous mènera quelque 300 km au sud de Melbourne. La Tasmanie possède deux ferries quasiment neufs (Spirit of Tasmania I et II), qui font la traversée Melbourne – Devonport une fois par jour en semaine en basse saison, et deux fois par jour en haute saison et le week-end. Il faut avouer que c'est vraiment bien organisé comparé (pour ceux qui l'ont faite) à la traversée vers la Corse ! Nous passons donc la nuit sur le bateau, qui a un bar, disons, intéressant !

6 mars

Arrivée à Devonport vers 7 h du mat', un peu fatigués. Nous trouvons tout de suite un caravan park pour nous allonger quelques heures. Le reste de la journée est consacré aux courses, car nous n'avons pas pu ramener grand-chose du continent. Les États australiens ont tous des quarantaines entre eux : la plupart du temps, les fruits et légumes frais ne passent pas d'un État à l'autre. La Tasmanie est probablement encore plus restrictive que les autres car, en plus d'être un État, c'est une île qui veut se protéger de toutes les maladies venues d'ailleurs. Petit tour à l'office d'information pour nous renseigner sur les activités possibles dans la région. Nous en profitons pour réserver nos billets de retour vers le continent, et nous n'avons pas beaucoup de choix : les bateaux sont pleins jusqu'au 28 mars ! La dame du guichet nous explique que la saison touristique s'est considérablement allongée depuis qu'ils ont mis en service le deuxième ferry. En gros : Noël et Nouvel An pour les familles avec enfants, soit environ deux mois de vacances scolaires, et février-mars pour les gens comme nous ou les retraités.

Le temps est radieux et la température un peu plus fraîche que sur le continent.

7 mars

Nous décidons de faire le tour de l'île par l'ouest, puis le sud, avant de remonter vers le nord par la côte est. Nous suivons la côte nord-ouest et nous arrêtons régulièrement pour admirer le paysage. Nous allons passer quinze jours sympas ! Les paysages sont magnifiques.

Première nuit : Stanley et « The Nut ». Ce petit village est niché au creux d'un immense rocher rattaché à la côte par une bande de terre d'une centaine de mètres de large. Ce jour-là, nous réalisons que nous sommes de nouveau sur une terre à taille humaine : nous avons parcouru 140 km dans la journée et vu plein d'endroits. Ça change !

Première rencontre avec la faune locale : un magnifique serpent tigre, pas vraiment pressé de traverser la route. Nous sommes aussi surpris de voir autant d'opossums et de pademelons (des petits kangourous) écrasés au bord des routes.

8 mars

En continuant notre route vers la côte ouest, nous tombons littéralement sous le charme de cette campagne qui ressemble étrangement à la Suisse et à certaines régions de France. Les collines et les montagnes couvertes de forêts ou de prairies se succèdent. Le but de la journée est Marrawah, où se trouve un petit camping rustique au bord de la mer. En arrivant sur place, grosse surprise : des voitures partout et de jeunes surfeurs dans tous les coins. Nous tombons sur LE week-end de la compétition de surf ! Nous devons continuer jusqu'à Arthur River et dormons dans l'Arthur-Pieman Conservation Area.

9 mars

Nous prenons la Western Explorer Road en direction du sud et traversons cette réserve aux paysages de toute beauté. Nous terminons notre parcours par une descente dans la forêt pluviale, où se trouve un petit hameau nommé Corinna. Camping dans cet ancien village de mineurs au bord de la Pieman. Ici, pas d'électricité ni d'eau courante, juste l'humidité de la forêt et les moustiques qui vont avec.

10 mars

Petite croisière matinale sur la rivière pour descendre jusqu'à la mer, à Hardwicke Bay. Là, l'eau noire de la rivière se mélange à la mer bleue : un étrange spectacle.

L'après-midi, nous prenons le petit bac qui traverse la rivière pour rouler en direction de Strahan. Camping à Macquarie Heads.

11 mars

La journée commence par une jolie balade à vélo sur la plage, puis nous partons pour le parc national du lac St Clair, dans la fameuse « World Heritage Area ». Il faut savoir que 40 % du territoire tasmanien est classé au patrimoine mondial ou en parc naturel. Camping au bord du lac, où kangourous et opossums viennent faire leur shopping nocturne autour des voitures… et dedans !

12 mars

Départ tôt le matin (euh !! 10 h) pour une marche de 5 h dans le parc. La boucle nous fait passer par le Shadow Lake. Rencontre avec nos amis les « tiger snakes » et autres « copperhead snakes ». Autant vous dire qu'il ne se passe pas un jour sans que nous en voyions !

Nous avons de la chance, semble-t-il : le temps est radieux, ce qui rend les paysages encore plus beaux. Un régal. En fin de marche, nous nous arrêtons au bord du lac pour essayer de voir les fameux ornithorynques. Moins de chance, cette fois. Après plus d'une heure d'observation, nous capitulons et rentrons au camp.

13 mars

Départ assez tard (grasse mat' + rencontre avec Steve, un compatriote vaudois lui aussi en voyage… merci les plaques suisses) pour Hobart, la capitale de la Tasmanie. Nous traversons une région qui manque cruellement d'eau. Comme le disent tous les Tasmaniens : « L'été a été superbe, mais là… il nous faut de la pluie. » Imaginez la Gruyère en jaune !

14-15 mars

Hobart ressemble étrangement à Lausanne, avec ses montées et ses descentes incessantes (nous étions à vélo… merci les mollets). Première journée que nous qualifierons d'« administrative » : nous devons renouveler nos visas et nous faire soulager de 380 dollars australiens (320 francs)… rien que ça. Bref, c'est fait. Ensuite, nous nous promenons dans cette ville historique pleine de fort jolis bâtiments.

Le samedi, c'est jour de marché, et Salamanca Place est vraiment très animée (elle est connue pour ça). Nous allégeons encore une fois notre besace ! Hummm ! Bref, il fait beau, les oiseaux chantent, la manifestation contre la guerre en Irak est au rendez-vous : tout y est et l'ambiance est très sympa.

16 mars

Dimanche matin pluvieux. Nous roulons vers la péninsule de Tasman, où se trouvent le fameux Port Arthur et sa prison… enfin, ce qu'il en reste. Nous voulons visiter le site, mais nous sommes stoppés net par le prix : 22 dollars par personne ! Il ne faut tout de même pas exagérer. Bref, nous faisons le tour des lieux sans entrer dans les bâtiments en ruine. On peut aussi plonger dans le coin, dans une eau à 16 °C…

Prisca prend rendez-vous pour une balade à cheval le 17 au matin, et nous partons camper à Fortescue Bay.

17 mars

Après une promenade de 2 heures, à cheval pour Prisca et à vélo pour Paco, nous longeons la côte est en direction de Swansea. Nous traversons une région absolument superbe : les plaines et les collines qui mènent à la Sandspit Forest Reserve. L'envie d'acheter un lopin de terre avec vue sur la mer nous a traversé l'esprit plusieurs fois.

18 mars

Visite de la péninsule de Freycinet et de ses rochers de granit de 300 m de haut : les Hazards. Plusieurs marches sont possibles dans le parc. Nous marchons 2 h jusqu'à un « lookout » qui donne sur les deux côtés de la péninsule. Ce jour-là, nous prenons conscience de la notion de « site touristique » : il y en a partout… des toutous !

Après une promenade sur la plage, nous passons la nuit dans le camping très basique de Friendly Beaches, à quelques kilomètres de Coles Bay. La soirée se déroule au milieu des pademelons, pas farouches du tout !

19 mars

Le voyage tasmanien touche bientôt à sa fin ! Déjà !! La route nous mène à Scottsdale, au nord-est, via St Helens et Pyengana, où se trouve une fromagerie qui vaut la peine d'être visitée. Nous découvrons ce jour-là que le cheddar est en fait un très bon fromage quand on sait le faire. Cette fois, nous nous croyons vraiment en Gruyère : les vaches paissent dans une herbe haute et verte, les collines sont douces et bien ensoleillées. Yoba !

La deuxième partie de la journée se passe dans la forêt pluviale, aux chutes de St Columba et sur la route pittoresque de la Mount Maurice Forest Reserve. À couper le souffle de beauté !

Nuit pluvieuse à Scottsdale, dans un camping au bord d'un étang dont les canards sont quelque peu insistants : ils n'hésitent pas à venir vous pincer les mollets pour un morceau de pain !

20 mars

Nous décidons de partir vers Launceston et de visiter au passage la seule exploitation de lavande de l'hémisphère Sud et, semble-t-il, en dehors de l'Europe.

Nous ne voyons pas grand-chose de Launceston, car il pleut des cordes !

Non loin de là se trouve un endroit qui nous interpelle : Grindelwald ! Eh oui ! Ils ont un village suisse qui s'appelle Grindelwald, dont les maisons sont toutes construites dans le style helvétique. Nous rencontrons un des seuls couples de Suisses qui vivent vraiment sur place. Ils tiennent LE restaurant du coin, l'Edelweiss. Ce soir, ce sera émincé à la zurichoise et une bouteille de pinot noir pour les Bidochon, NA !

Pourquoi Grindelwald, nous direz-vous ? Eh bien, c'est le rêve d'un Hollandais qui a acheté le terrain et voulait recréer une petite Suisse ici ! Les parcelles à vendre faisaient 2 hectares minimum, avec obligation de construire dans le style suisse. L'endroit est fort charmant et « tip-top en ordre ».

Nous devons passer la nuit sur le parking du restaurant, car le camping est plein. Heureusement, merci à Rita et Christian de nous avoir laissés camper chez eux.

21 mars

Dernier jour du voyage. Nous visitons (par hasard) un parc animalier privé à Mole Creek. 2 h et 500 photos plus tard, nous sommes toujours en grande discussion avec un des gars qui s'occupent des diables de Tasmanie, wombats, koalas et autres kangourous, aigles et chouettes. Il nous explique qu'en fait, les animaux du parc n'y sont pas en permanence : ils sont apportés par des gens qui les trouvent au bord des routes ou dans les champs, pour être soignés (s'ils sont blessés) ou nourris (s'ils sont orphelins), puis réintroduits dans leur milieu naturel quand c'est possible. Par exemple, ils en sont à 183 wombats relâchés dans la nature. Pour les aigles, c'est un peu plus triste : ces oiseaux ont été tirés par des idiots et ne peuvent plus voler, ou très mal. Ils resteront donc ici (plus ou moins en liberté), où ils seront nourris. Nous passons un bon moment à observer les diables de Tasmanie et sommes écroulés de rire devant le comportement pas très social (surtout à l'heure de la bouffe) de ces marsupiaux au caractère épouvantable. Nous apprenons qu'ils ne vivent pas très longtemps (5 ans maximum) : quand ils perdent leur unique jeu de dents, ils n'arrivent plus à se nourrir et meurent de faim !

Nous reprenons la route de Devonport et décidons de ne pas nous arrêter aux « Walls of Jerusalem ». Tant pis, nous avons vu plein de diables de Tasmanie ! NA !

Retour au camping de notre jour d'arrivée. Nous profitons d'un dernier magnifique coucher de soleil sur le détroit de Bass, la mer qui sépare l'île du continent. Nous finissons en beauté !

22 mars

Debout à 6 h du mat' pour aller au quai, où le ferry devrait nous attendre. C'est le contraire : plus de 2 h de retard ! Pas grave, il fait beau, et cela nous permet de rester quelques minutes de plus sur cette île qui, nous vous l'avouons, deviendrait bien notre « home sweet home ».

La suite sur le continent, dans le Victoria et le South Australia.

Photos

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