Le grand jour ! Les deux réservoirs sont pleins de diesel, les bidons d'eau et toutes les bouteilles sont remplis, le téléphone satellite est testé. Le but de la journée : aller jusqu'à Neale Junction via la station abandonnée de Yamarna (une sorte de ferme à moutons). Nous roulons une centaine de kilomètres et tout va pour le mieux : piste sèche et en relativement bon état, quelques flaques d'eau de temps à autre, mais rien de trop inquiétant. À une dizaine de kilomètres de Yamarna, c'est la plantée. Erreur de pilotage : des flaques d'eau des deux côtés de la piste. À droite, la gouille est assez grande ; à gauche, plus allongée et plus étroite. Nous nous décalons sur la gauche pour garder les pneus sur la partie sèche. Crac, un mètre de trop ! La voiture s'enfonce du côté gauche dans le terrain comme dans de la crème (voir photo). Il nous faudra plus de 3 heures de « débourbage » sous un soleil de plomb pour sortir les 3 tonnes du Land Cruiser chargé. Tout y passe : le treuil avec poulie de renvoi, les plaques de désensablage, la pelle, le cric, et beaucoup d'eau pour nous réhydrater. Nous restons à Yamarna pour la nuit, car nous n'en pouvons physiquement plus : la boue, c'est lourd ! Le lendemain, nous roulons quelques kilomètres avant de rebrousser chemin. La piste commençait sérieusement à être ravinée et encore bien humide. Le doute s'installe !
Nous rencontrons un technicien de Telstra (le Telecom du coin) venu faire l'entretien d'un relais téléphonique, la seule personne que nous ayons vue en deux jours ! Nous échangeons quelques infos et il nous dit qu'il a dû faire demi-tour la veille : il avait pris une piste plus au sud et était tombé sur des « lacs » de 200 m de long. Argh !!! C'est plus ou moins la direction que nous voulions prendre !
La décision est prise : nous faisons complètement demi-tour, car avec une seule voiture et des pistes détrempées, c'est beaucoup trop risqué. Nous irons voir la Trans-Australian Railway par le sud.
Retour d'une traite jusqu'à Kalgoorlie par la piste. Ce jour-là, nous avons vraiment regretté de ne pas avoir de climatisation. Il a fait jusqu'à environ 50 °C par endroits… et ce ne sont pas des degrés marseillais !
En chemin, nous avons même dû sortir un Aborigène planté avec sa voiture dans une flaque d'eau. Accrochez-vous : la voiture n'avait plus de pare-brise, ne démarrait plus et roulait sur la jante avant droite, et lui avait des béquilles et ne pouvait plus marcher ! Vous voyez le tableau ?!
Arrivés au camping, la bière fraîche n'était pas de trop. Longue journée pour les Bidochon, croyez-nous !