Retour « inland », dans la région des forêts du sud. Par erreur, nous nous retrouvons à Nannup au lieu de Pemberton et y passons une nuit. Une légende court dans le coin : « le tigre de Nannup ».
La voici, traduite par nos soins :
« Dans le sud-ouest australien, beaucoup d'habitants sont convaincus qu'au plus profond des bois vit un tigre. Ce marsupial à l'allure de loup et au pelage rayé apparaît mystérieusement pour disparaître aussitôt, ne laissant derrière lui que ses empreintes sur le sol pour prouver qu'il est bien passé par là ! »
Le lendemain matin, un couple de Tasmaniens s'installe juste à côté de nous. Cool ! On va pouvoir leur demander comment aller en Tasmanie. Rien de plus simple : un ferry, genre Nice-Bastia, fait la traversée tous les jours, et à partir de février, c'est gratuit. Nous allons certainement faire un petit crochet par cette île qui semble étrangement ressembler à la Suisse !
Pemberton, enfin ! Cette petite ville est le centre de cette région productrice de bois. Nous nous y arrêtons pour faire des réserves avant de filer dans la forêt. Prisca nous trouve un petit coin sympa au bord de la rivière, et nous nous installons pour deux jours. On dit toujours que les voyages forment le caractère ! C'est vrai, mais pas seulement ! Nous rencontrons un groupe d'australus-holidayus-rusticus très sympa, qui vient ici chaque année une dizaine de jours pour pêcher le « marron ». Ils nous embarquent dans leur périple au bord de la rivière et nous donnent littéralement une leçon de biologie, genre classe verte. Désormais, nous savons tout sur ces bêtes de rivière. Mais enfin, qu'est-ce que le « marron » ? Eh bien, il s'agit d'une écrevisse de rivière qui peut mesurer jusqu'à 30 cm (d'après eux). Malheureusement, malgré les consignes strictes du service des parcs naturels, la population diminue petit à petit à cause de la surpêche (comme d'hab, quoi !) et les spécimens restants ne dépassent guère 15 cm. Il y a quelques années, la saison de pêche durait six mois par an, puis trois, et maintenant, ils en sont à deux semaines. C'est vraiment triste pour des gens comme ceux que nous avons rencontrés, car eux respectent les règles de base : pas plus de 10 bêtes par jour, longueur minimale de 10 cm, pas de femelles portantes, etc. Bref, ce qu'il faut pour ne pas exterminer l'espèce.
Le soir, of course, invitation à leur camp pour un « barbie », un barbecue de poissons qu'ils avaient pêchés dans le nord de l'Australie lors de leur dernier périple « pêcheriticole ». Nous avons eu droit à une soirée très sympa et très « deep Australia » (avec l'humour et tout… et les bières). Nous passons encore deux nuits à Pemberton, dans un caravan park fort joli, situé juste à côté de la piscine publique, qui n'est en fait que la rivière retenue par un petit barrage. Vraiment cool !