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Afrique · Octobre 2002

Zambie

Douaniers « champions du monde catégorie poids lourd », chasseur de mouches tsé-tsé… et les chutes Victoria à pied sec.

7 étapes au carnet14 photos

Carnet de route

18 octobre

Passage de douane pas triste en Zambie, où le douanier de l'immigration nous fait tout un plat parce que nous n'avons pas de visas. En fait, il n'y a pas de problème, car les visas s'obtiennent à la frontière pour 25 $ (simple entrée) ! Là où c'est drôle, c'est que notre cafard de douanier nous fait une quittance de 25 $ pour les deux passeports et note à la main « X 2 ». Réaction immédiate de la Nageoire : « Je peux avoir le 2e reçu, please ? » Le douanier bafouille : « Je vais vous expliquer. » Là-dessus, la Nageoire lui fait : « Rien du tout… je vis en Afrique et je connais la combine, tu ne te mettras pas 25 $ dans la poche, c'est clair ? » Et là, les autres douaniers lui disent, plutôt agressivement : « Il n'y a rien à lui expliquer, fais-lui sa quittance. » Comme quoi, vivre au Kenya nous apprend plein de combines « détecte-magouille » ! Vient le tour de la douane pour la voiture. Je présente le carnet de passage au douanier qui s'en occupe. Le monsieur me dit : « Il n'est pas valable ! » La Nageoire : « Quuuoi ! » Et le mec joue au con (à notre avis, il pourrait être en tête du championnat du monde, catégorie poids lourd) pendant 20 minutes avant de me tendre une feuille à remplir, car la Zambie ne peut pas faire comme les autres pays : elle a ses propres formulaires pour les véhicules. Bref, on remplit le torchon et on entre enfin en Zambie… ça commence bien !

Première nuit à Chipata, au camping du Zambia Wildlife Service. Le camping est vide, mais le bar se remplit vite le soir et le bruit atteint rapidement son apogée. En fait, les Zambiens font la fête du vendredi soir au dimanche soir, et nous sommes justement vendredi ! Pas de bol ! Pour une fois, la douche est tellement chaude qu'elle en est brûlante. Nous décidons de faire toute notre lessive : « une cuite », comme qui dirait. Pour être propre, c'était propre ! Et vite sec !

19 octobre

Départ pour Lusaka. Nous décidons de faire une halte d'une nuit au Luangwa Bridge Camp, où il fait 38 °C seulement ! Après quelques bières à 25 °C… fraîches, quoi ! La nuit tombe rapidement, mais la température ne suit pas vraiment… enfin, il ne fait bientôt plus que 33 °C ! Le camp est sympa et la rivière agréable.

20 octobre

Départ à 7 h 30 pour rouler avec un peu de fraîcheur ! Nous passons des check-points surprenants : la police nous arrête régulièrement pour nous demander « Vous venez d'où et vous allez où ? », c'est tout ! Sinon, il y a les « seeds levy », sorte de taxe que paient les camions chargés de sacs de grains en traversant les villages, ou encore les « livestock control » pour tout ce qui est bétail. Mais le top du top, c'est le « check-point tsé-tsé ». Il s'agit d'un contrôle qui vérifie que la voiture ne transporte pas de mouches tsé-tsé sur le pare-brise, derrière la roue de secours, sur les pare-soleil, etc. Le type arrive avec un mini filet à papillons (j'appellerais plutôt ça une épuisette à poissons rouges… mais bon) et chasse la fameuse mouche. Il faut dire aussi que nous avions un vent de dos d'environ 150 000 km/h, contre lequel même les Boeing ne pourraient pas avancer : vous imaginez la pauvre mouche qui se laisse porter par le vent ? Cinq minutes plus tard, elle se pose à Lusaka ! Inutile de dire que Prisca mordait le tableau de bord pour ne pas rire, et la Nageoire le volant !! (Pas pu faire de photo, malheureusement… le type ne semblait pas prendre ça pour une plaisanterie… !!!)

Nous arrivons à Lusaka dans un backpackers, « Chez Chachacha » (non, ce n'est pas un gros chat-chat !). Nous passons un après-midi tranquille, écrivons quelques lignes et repérons les banques pour le lundi matin.

21 octobre

Départ à 8 h du mat' pour le centre-ville, où se trouvent les banques. « Opération change d'argent ». Première banque : on refuse à Prisca ses chèques de voyage. Là-dessus, elle éclate la tête du banquier sur le comptoir, lui brise la nuque et les genoux. Plaisanterie mise à part, disons qu'elle ressort de la banque avec un certain niveau d'énervement. Deuxième banque : ils prennent les chèques de voyage en dollars, mais ne les changent pas en dollars, seulement en kwachas zambiens, et prennent une commission de – tenez-vous bien – 15 $ ! Bref, pas le choix, il nous faut de l'argent.

Après un arrêt « carburant » et « bouffe », nous partons enfin pour Livingstone (380 km !). Nous nous posons au Fawlty Towers backpackers, un endroit très sympa et vert ! (ce qui change, dans la région).

22 octobre

Nous prenons un taxi avec une touriste anglaise, déjà rencontrée au Bridge Camp, pour nous rendre aux chutes Victoria. Nous y passons quelques heures. Le spectacle vaut le détour. Le Zambèze est tellement bas que nous pouvons marcher sur l'emplacement normal des chutes et nous retrouver à 3 m de la grande cascade (voir photo). Nous avons de la chance : je pense qu'on n'a pas souvent la possibilité de le faire. La faille est vraiment impressionnante et le spectacle magnifique.

23 octobre

Départ de Livingstone pour la frontière du Botswana, où nous transiterons vers la Namibie. Avant de quitter la ville, nous passons dans un bureau de change où nous obtenons quelques dollars (enfin !) contre nos 3 tonnes de kwachas (1 $ = 4600 kwachas). Nous gardons la somme nécessaire en kwachas pour payer le bac. Nous arrivons à la frontière et passons l'immigration et la douane sans trop de problèmes (les douaniers sont toujours aussi « sympas », mais bon… on a l'habitude). Vient ensuite le paiement du bac ! Ce qui devait arriver arriva : nous ne pouvons pas payer en kwachas, car nous sommes des « foreigners ». Même un chauffeur de camion du Botswana leur a dit que c'était discriminatoire et injuste, mais bon, pas le choix : nous devons payer en pulas (Botswana), en rands sud-africains ou en dollars. Là où c'est débile, c'est que les tarifs sont de 30 $ ou 110 rands. Le rand étant à 10 pour 1 $, je vous laisse trouver l'erreur. La Nageoire prend son courage à deux mains et repasse la frontière à pied pour trouver des changeurs au noir et obtenir quelques rands contre nos kwachas. Le taux n'est pas bon mais, comparé au paiement en dollars, on s'en tape ! Nous pouvons payer notre passage et attendons tranquillement le bac. La traversée se fera sans problème apparent !

Nous voilà au Botswana, et bientôt en Namibie.

Nous réaliserons le lendemain que nous avons bien fait de traverser le 23, car le 24, c'est la fête de l'indépendance de la Zambie !

En conclusion

Nous avons trouvé la Zambie très moyenne et les douaniers particulièrement cons. Par contre, les Vic Falls… ça vaut la peine !

Avec Prisca, nous discutions du livre « Le Centre de l'être », où l'auteur écrit que l'homme a généralement peur de trois choses : la mort, la solitude et l'absurde. Eh bien, en ce qui me concerne, la mort n'est pas un problème, et la solitude ne me pèse pas trop. Par contre, l'absurde… eh bien, j'ai encore du travail à faire, car je n'arrive pas à le gérer. Et croyez-moi, avec le nombre de frontières que nous avons passées, nous ne manquons pas de situations et de gens absurdes !

Photos

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