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Afrique · Septembre 2002

Éthiopie

Un mois de pistes caillouteuses, de Moyale à Lalibela en passant par le lac Tana, Gondar et les monts Simien.

22 étapes au carnet71 photos

Carnet de route

5 septembre

Départ pour l'aventure, direction l'Éthiopie via Garissa et Wajir.

6 septembre

Après une nuit à Garissa, nous nous retrouvons au check-point pour rejoindre le « convoi armé » et continuer sur Moyale. En fait, il n'y a pas de convoi ! Les soldats nous rackettent de 5000 shillings (100 CHF !), rien que ça. Il faut savoir que la zone du nord du Kenya est relativement dangereuse et que le banditisme n'y est pas rare. Une escorte armée est conseillée. Nous avons décidé de repartir sur Isiolo plutôt que de céder à ce vol organisé. Nous sommes restés à Timau jusqu'au 9 septembre afin de nous reposer.

9 septembre

Départ pour Marsabit depuis Isiolo à 7 h du matin. La piste est cassante pour le dos et pour la voiture. Nous arrivons vers 15 h à Marsabit et passons la nuit au camping.

10 septembre

Départ à 7 h de Marsabit pour Moyale : 6 heures de route aussi pénibles que la veille. Finalement, nous passons la frontière kényane et nous nous retrouvons à la frontière éthiopienne sans visas. On nous avait dit que les visas pouvaient s'obtenir à la frontière : c'est faux ! Nous avons dû téléphoner au consul suisse à Addis pour qu'il contacte l'immigration afin qu'on nous laisse entrer (c'était la veille du Nouvel An éthiopien). Nous avons ensuite retrouvé à l'hôtel Africa les autres voitures sud-africaines que nous avions rencontrées sur la route. Nous passons la première soirée avec Mike et Penny dans cet hôtel pourri. Ils vont faire le reste du voyage éthiopien avec nous.

11 septembre

Nous voilà sept ans plus jeunes : 1995, calendrier éthiopien ! Nous partons pour Awassa avec Mike, Penny et leur Land Rover.

12 septembre

Journée réparation des voitures : Mike a un support de galerie coupé en deux et nous avons le pot d'échappement cassé au niveau du collecteur. Après 4 heures de travail, nous pouvons reprendre la route d'Addis. Avant de partir, vive discussion avec le patron de l'hôtel, qui nous avait promis de l'eau chaude pour la douche : il sortait deux gouttes d'eau froide du tuyau !

13 septembre

Nous devons déposer nos passeports à l'immigration pour faire nos visas. Il faudra attendre jusqu'à lundi et passer le week-end à Addis. Nous en avons profité pour rendre visite à Lucy au musée : notre grand-mère à tous !

16 septembre

Départ vers le nord. Nous nous arrêtons à Debre Markos. La route est mauvaise et l'hôtel presque aussi pourri que celui de Moyale. Nos voitures sont garées l'une derrière l'autre dans une cour intérieure (voir les photos). Nous nous battons encore une fois pour les prix !

17 septembre

Départ pour Bahir Dar et le lac Tana, réputé pour ses monastères orthodoxes. En route, nos deux suspensions arrière rendent définitivement l'âme : changement obligatoire au camping. Nous nous fâchons avec le gérant, qui nous fait prendre notre douche dans une chambre occupée par d'autres clients. Vive le respect de la clientèle en Éthiopie ! Prisca se fait piquer par des insectes, ce qui va la poursuivre durant tout le voyage.

Nous restons au bord du lac jusqu'au 20 et visitons deux monastères ainsi que les chutes du Nil Bleu.

20 septembre

Départ pour Gondar sur une piste guère meilleure que les autres, mais avec nos suspensions neuves, ça va mieux ! Nous trouvons un hôtel de style italien juste à côté du « Royal Enclosure » (voir les photos !). Nous dormirons dans le parking, derrière.

Après une visite calme et sereine des châteaux, nous allons dans un restaurant éthiopien typique où, pour la première fois, nous mangeons une vraie injera avec des légumes, une bonne sauce et surtout un bon accueil !

La tension monte déjà au sein de notre petite équipe (rassurez-vous, pas entre nous deux) : nous commençons à en avoir ras la patate des mensonges quotidiens : « Yes, hot shower in the camping »… « No problem »… En fait, pas une goutte d'eau dans tout l'hôtel. « La douche, ce sera pour demain ! »

21 septembre

Départ pour Debark, arrêt obligatoire pour se rendre au parc national des monts Simien. Nous payons nos entrées et le « scout » obligatoire ! En fait, on nous « loue » les services d'un ranger armé d'une kalachnikov (aussi vieille que lui) qui ne parle pas un mot d'anglais. Bref, nous montons au camping pour nous installer. Vues magnifiques, paysages à couper le souffle et température nocturne à la hauteur de l'altitude du camp : 3200 m. Le pauvre ranger doit dormir dehors par ce froid ! Nous ne pouvons pas le laisser comme ça et lui offrons à manger et un abri près de la voiture de Mike et Penny. Encore un mensonge : le bureau de Debark nous avait assuré qu'il était entièrement autonome ! Bref… Le 22, nous partons pour une marche de 4 h sur les plateaux. Le soir, nous sommes pris dans un orage qui, manifestement, se forme dans la vallée et remonte jusqu'au camp.

23 septembre

Départ pour Aksoum. Nous redescendons à Debark pour ramener notre « garde du corps ». De là, nous prenons la route d'Aksoum. Quelques kilomètres plus loin, un Land Cruiser nous arrête et le chauffeur nous explique, en amharique et avec trois mots d'anglais, que la route est coupée ! L'orage de la veille a provoqué une coulée de boue, ou un bout de la route a été détruit… on ne l'a jamais vraiment su ! Dans tous les cas, nous faisons demi-tour et redescendons sur Bahir Dar pour y passer la nuit (dans le même camping… où nous nous fâchons avec le gérant… again). Nous oublions donc Aksoum et ses stèles, et décidons de traverser de Bahir Dar à Weldiya pour rejoindre ensuite directement Lalibela.

24 septembre

Départ pour Weldiya, où nous fêtons l'anniversaire de Prisca : vin éthiopien et spaghetti bolognaise, mais bonne ambiance ! Là, on nous dit que la route de Lalibela passe par Kobo, au nord, et que l'autre est coupée. D'après le Lonely Planet, il existe une autre route, et nous nous rendons compte qu'il y a autant de versions que de gens qui nous expliquent le chemin.

25 septembre

Nous décidons finalement de prendre la route de Kobo et de passer par les montagnes à l'ouest de Lalibela. Une piste pénible, avec des montées à 3700 m et des descentes équivalentes. Après 6 h de piste et des paysages magnifiques, nous commençons à douter de la route. Nous avions raison : la route que tout le monde disait coupée rejoint notre piste et continue en direction du fameux site. Ça n'a pas manqué : après 5 km, nous tombons sur un ravin qui remplace la route ! AHHHHHHH ! 7 h de piste pour rien. Nous n'avons pas d'autre choix que de retourner à Weldiya par l'autre piste, celle qui avait rejoint la nôtre. Nous arrivons de nuit à l'hôtel de la veille, après 10 h de conduite en 4x4 !

26 septembre

À Weldiya, nous rencontrons un jeune qui nous explique que la route de Lalibela est en fait relativement bonne et qu'elle part à 80 km de Weldiya, sur la route de Bahir Dar ! Tiens donc… il nous semble connaître cette route ! Nous remontons sur les plateaux au-dessus de Weldiya et arrivons finalement à Gashena, le village-carrefour pour Lalibela. Nous sommes certainement les seuls touristes à avoir mis 36 h pour arriver à Lalibela ! De plus en plus souvent, les enfants jettent des pierres sur les voitures quand nous traversons les villages.

27 septembre

Nous tombons en plein Meskel, fête religieuse éthiopienne qui célèbre le retour de la croix processionnelle du roi Lalibela, volée il y a quelques années dans une des églises et vendue à un collectionneur belge. Celui-ci s'est fait interpeller par les douaniers belges et la croix a été rendue aux autorités éthiopiennes.

Nous passons le reste de la journée à visiter les différentes églises creusées dans la roche avec notre guide, Abebe. Journée très agréable : à midi, il nous invite à partager le repas en famille. Cette journée nous a certainement redonné un peu de positif vis-à-vis de l'Éthiopie.

28 septembre

Nous reprenons la route en direction d'Addis. Nous ne pourrons pas rendre visite à nos amis à Mekele : nous avons perdu trop de temps sur les pistes et sommes un peu fatigués de ces routes, toutes plus pénibles les unes que les autres. Nous nous arrêtons à Kombolcha, dans un petit hôtel qui semble être en fait un bordel… mais très sympa !

29 septembre

Route pénible jusqu'à Addis. Cette fois, Mike et Penny ont été touchés par une pierre jetée depuis le bord de la route. Heureusement, elle n'a pas touché la vitre. C'est le moment de se « casser » d'ici ! Tout le monde en a marre des « you, you, you » et autres « give me money », « your shirt », etc.

Nous nous offrons le luxe absolu : le Sheraton, un îlot au milieu de cette ville relativement pauvre. Nous y passons deux jours avec sauna, jacuzzi et tout le tintouin !

1er octobre

Départ pour Moyale avec une étape à Dilla. Inutile de dire que nous étions censés avoir une douche… mais bon ! On ne fait même plus attention au fait que ça ne marche pas et qu'on paiera quand même le même prix… on est « ferenji », donc on paie !

2 octobre

Route vers Moyale. En arrivant, nous décidons de faire le plein pour utiliser nos derniers birrs. Là, Pascal se fait copieusement arroser de diesel par le pompiste. Après quelques explications houleuses où le type prétend que c'est la faute du Land Cruiser, il refuse de nous servir et nous demande de partir… Ça nous achève ! On file au plus vite et nous allons passer la nuit au Kenya… Enfin la délivrance !

Nous passons une soirée tranquille au camping du Kenya Wildlife Service !

3 octobre

Nous partons à 6 h du matin pour Isiolo. Nous avons décidé de faire la route d'une traite, sans nous arrêter à Marsabit. Nous ne prenons pas d'escorte et les deux voitures roulent bien. À la sortie de Marsabit, le soldat du check-point nous arrête et nous demande de prendre une escorte. Pascal, l'air décontracté, lui répond en swahili : « Oui, oui, l'escorte arrive avec la troisième voiture, qui fait le plein en ville. Nous partons déjà devant ! »

Nous arrivons en fin d'après-midi à Timau, où nous nous installons au camping : douche chaude, bonne bouffe et plein de bières…

We did it!

En conclusion

Nous avons vu l'Éthiopie une fois… et ce sera la dernière. Les gens ne sont pas très sympas et n'aiment pas les étrangers. Le type de tourisme que nous avons pratiqué n'est pas du tout adapté à ce pays, et les conditions (routes, hygiène, campings, etc.) laissent à désirer. Un des meilleurs conseils serait de prendre tout de suite un guide pour le voyage, afin d'éviter les problèmes de langue, de respect des personnes, etc.

Nous nous sommes séparés de Mike et Penny à Nairobi. Ils sont partis vers l'Ouganda et nous vers la Tanzanie. Nous avons passé des super moments avec eux, et c'est dommage de ne pas avoir pu faire encore un bout de brousse ensemble. Nous les reverrons certainement en Afrique du Sud, où ils seront au mois de décembre.

Cette fois, nos vacances commencent : le sud de l'Afrique !

Photos

Gondar 7 photos

Lalibela 26 photos

Monts Simien 11 photos

Nil Bleu, paysages & campings 27 photos